Sud-Ouest Vendredi 30 mars 2007 ARCANGUES


Après une messe en l'église, le comte Christian de Reboul a été enterré mardi« Un homme de droiture »Après une première cérémonie religieuse à Paris, c'est en l'église d'Arcangues qu'ont été célébrées, mardi après-midi, les obsèques de Christian de Reboul. Cette église où, comme l'a rappelé l'abbé Anchordoquy, ancien curé de la paroisse, il avait coutume d'assister à la messe chaque fois qu'il séjournait à Arcangues, se tenant toujours sur la deuxième galerie, face à l'autel.La messe a été dite par François de Mesmay, l'actuel curé du village, mais c'est à son prédécesseur qu'il avait laissé le soin de prononcer l'éloge du comte de Reboul. Né à Saint-Jean-d'Angély, en Charente-Maritime, en 1921, c'est-à-dire juste après la première guerre mondiale, il avait 18 ans quand éclatait la deuxième « dont il ressentit le contrecoup »L'ancien curé a retracé la vie de ce militaire de carrière formé à l'équitation et au pentathlon, grièvement blessé en Indochine au point d'être trépané et de devoir réapprendre entièrement à lire et à écrire. Il a évoqué également sa vie de famille, son mariage en 1963, dans la chapelle de la Maison basque de Paris auquel il fut toujours très attaché, avec Alyette Soulange-Bodin, qui lui donna deux enfants, Henri et Hélène.Passionné d'équitation. Christian de Reboul présida dès lors aux destinées du château du Bosquet, dans le quartier Lanchipiette, belle et étrange demeure de style anglais d'un côté, basco-normand de l'autre qui appartenait à la famille Soulange-Bodin depuis plusieurs générations. Il s'en occupait avec beaucoup d'attention, de vigilance, tout comme de ses dépendances et des bois qui l'entouraient. L'ancien militaire était devenu propriétaire terrien, et il n'était pas rare, il y a encore quelques années, de le voir arpenter le chemin du Bosquet monté sur un tracteur ! L'équitation a toujours été aussi l'une de ses passions, et l'un de ses chevaux de course, Arin-Arin, bien connu des habitants du quartier, a fini ses jours au Bosquet après avoir gagné de nombreux prix.Brossant avec sensibilité et justesse la personnalité du défunt, l'abbé Anchordoquy l'a présenté comme « un homme de droiture », « forgé par les épreuves de la vie », et qui avait dû, bon gré, mal gré, vivre dans une époque de constants bouleversements. Ferme dans ses positions il pouvait, reconnut le prêtre, paraître « intransigeant » vis-à-vis de ceux qui lui tenaient tête. « Mais quand il avait compris le bien-fondé de l'autre, il n'insistait plus? »À l'issue de la cérémonie où il était entouré par les porte-drapeaux des associations patriotiques, le cercueil de Christian de Reboul a été inhumé dans le cimetière d'Arcangues.

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