Mercredi 28 avril 2004 Le SUD-OUEST

SAINT-JOSEPH. -- Entre rumeurs et extrapolations, les anciens élèves réunis dimanche se posent des questions sur l'avenir de l'établissement privé

La messe ne serait pas dite

Dimanche, près de 150 personnes se sont retrouvées à Saint-Joseph pour la journée des anciens élèves. Cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait pas eu autant de monde. Cette affluence traduisait bien l'inquiétude qui règne au sein des anciens quant à l'avenir de " leur " établissement catholique privé. Les rumeurs les plus extrêmes circulent depuis maintenant des mois en ville. La plus radicale dit que l'établissement a été mis en vente en agence le 1er avril, que des acheteurs se sont manifestés, des professionnels du tourisme. En plus, comble du malheur, comme l'ensemble des bâtiments et leurs composantes ne seraient ni classés ni inscrits, les pelleteuses pourraient y aller à leur guise. Les anciens, avec à leur tête le président Alain Dartencet, sans tomber dans ces scénarios catastrophe, appellent à la mobilisation pour élaborer des " propositions alternatives à la vente ".


Conscients qu'ils ne disposent que d'un poids moral dans l'avenir de l'établissement, ils souhaitent peser sur les décisions des propriétaires (1) qui selon eux auraient déjà écarté la solution de la rénovation de l'établissement. " Il y a une âme, prétend Alain Dartencet. Il faut que Saint-Jo reste dans les murs et retrouve la magnificence qu'il avait il y a encore 30 ans. Nous ne voulons pas faire de polémique. L'assemblée générale de l'association des anciens élèves était l'occasion de mettre les adhérents au courant. " Sans cette mobilisation des anciens, le président pense que l'immobilier aurait été " vendu en catimini. " " Nous avons encore un espoir minime " ajoute-t-il en expliquant que pour " assurer l'esprit et la rentabilité économique l'établissement il faut 420 élèves dont les 3/4 internes. " Au-delà de la vente de l'immobilier, des anciens ont également peur que ne soit pas construit en remplacement un nouvel établissement et que l'enseignement catholique en collège et lycée quitte définitivement Sarlat. Catégorique. Du côté de la représentante de l'enseignement catholique en Dordogne, Françoise Le Corroller, tout ce remue-ménage ne serait que perte d'énergie pour l'heure. " Tout va bien, assène-t-elle en préambule. L'établissement scolaire continue. Nous sommes assez confiants sur le niveau d'élèves qu'on va recruter. "
En ce qui concerne les projets sur l'immobilier, Françoise Le Corroller est catégorique: " L'établissement n'est pas en vente, n'est pas en agence. Il n'y a aucun client. Jamais personne ne s'est manifesté pour quoi que ce soit. " Et d'expliquer la situation actuelle qui n'aurait pas vraiment évolué ces dernières semaines : " On ne sait pas ce qu'on va faire. Il y a une étude par un expert immobilier nommé. Nous ne vendrons que quand nous aurons décidé ce que nous ferons : soit nous construisons, soit nous réhabilitons. "

Saint-Joseph représente des bâtiments mais aussi des terrains. L'association de Meysset détient également d'autres terrains. Certains sont constructibles, d'autres non. Le point sera fait sur ce patrimoine, d'autant que le PLU de Sarlat est en cours de réalisation. Selon la représentante départementale " seul le président de l'association des propriétaires est habilité à faire quoi que ce soit. " Un nouveau point sur la situation sera fait début juin en conseil d'établissement où siègent d'ailleurs des représentants des anciens élèves. En attendant, l'avenir ne semble assurée qu'avec une augmentation du nombre d'élèves. Cette hausse est amorcée et l'établissement s'en donne les moyens avec de nouvelles sections. D'autre part, le directeur François Gorenflot quittera l'établissement pour raison de santé à la fin de l'année scolaire. Son ou sa remplaçante sera nommée dans les prochains jours. Quant aux parents d'élèves, ils organisent leur 4e vide- grenier dans les murs du collège le dimanche 2 mai de 8 h à 18 h.

Franck Delage


(1) le propriétaire de Saint-Joseph est l'association de Meysset dont le président est l'abbé de Sarlat François Zanette. Le siège social est au presbytère.

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